Politique internationale de la FITS VIH/SIDA

Approuvée à Assemblé Générale de la FITS, Buenos Aires, Argentine, juillet 1990

Le Monde a découvert le VIH en 1980 et mesuré par la suite les conséquences psycho-sociales de la séropositivité et de la maladie SIDA. Au début du XXIème siècle, il est indispensable d’accroître nos efforts.

  • de prévention pour limiter l’extension du SIDA.
  • d’aide aux personnes contaminées pour résoudre les difficultés psycho-sociales et économiques dues à leur maladie.

Dans son discours au Symposium FITS de Stockholm en 1988, le Docteur Manuel Carbotte, Directeur de l’unité de Recherche Sociale et Comportementale de l’OMS (Oragnisation mondiale de la Santé), programme SIDA a souligné l’urgente nécessité pour les travailleurs sociaux de s’impliquer davantage dans une stratégie globale:

1. de prévention
2. de développement des politiques locale, nationale internationale de sensibilisation et de non discrimination.
3. de mise en place de services d’aide aux personnes contaminées.

La FITS reconnaît le défi et les implications socio-politiques de cette pandémie et se propose de soutenir les actions déjà menées dans ce domaine par les associations nationales.

La FITS reconnaît le besoin de formuler et de mettre en œuvre une politique et une série d’actions pour les travailleurs sociaux au plan international en liaison avec les associations nationales.

De par leur fonction, leur perception de la personne au sein de la famille ou de la communauté, leur présence importante dans les services de santé et de protection sociale , les Travailleurs Sociaux ont un rôle primordial dans la lutte efficace contre l’épidémie et la défense des personnes contaminées.

Le programme SIDA de l’OMS souligne l’importance de l’information dans les programmes nationaux de prévention et de dépistage. Une information et des services d’aide adaptés doivent compléter l’information et l’éducation qui sont donnés au plan national.

Les travailleurs sociaux doit être considéré comme une des profession clé pour mener ces actions.

Problème du SIDA

L’épidémie SIDA/VIH concerne tous, les pays, les citoyens et citoyennes du monde. Le défi mondial pour lutter contre ce fléau des séropositifs et des victimes du SIDA mettent à l’épreuve le système de valeurs des travailleurs sociaux et des autres.

Les travailleurs sociaux vont être confrontés au maintien et au renforcement des Droits de l’Homme et à la mise en œuvre des efforts du Monde pour éradiquer la maladie.

Le virus potentiellement mortel du SIDA/VIH se trouve dans toutes les régions du monde, sans distinction de race, de nation, de prédominance sexuelle, quelle que soit les valeurs culturelles, les régimes politiques ou les tendances idéologiques. Il réclame la coopération compréhensive des scientifiques, des gouvernements, des institutions sociales, des médias, des professions et du public.

Le service social exerce dans le cadre d’une tradition humanitaire démocratique . La lutte contre le Sida doit être menée de façon à intégrer de plus en plus les victimes du SIDA ou les groupes menacés au plan social et culturel. L’une des conséquences de l’extension du SIDA dans le monde en développement est d’avoir pour objectif un ordre économique mondial plus juste.

Elaboration d’une politique

La politique de la FITS s’appuie sur le Code Ethique des Travailleurs Sociaux et une collaboration accrue entre Travailleurs Sociaux , Institutions et système d’action sociale dans la prévention du SIDA.
Il nous est demandé de maintenir dans notre communauté qui inclut ceux qui vivent avec les sidéens, leur famille et leurs partenaires ce qui suit :
  • Droit à disposer de soi-même,
  • Droit aux services de soins et de protection sociale ,
  • Droit de travailler pour gagner sa vie ,
  • Droit au respect et à l’estime de la société environnante,
  • Droit de circuler librement dans et entre les pays,
  • Droit à l’éducation,
  • Droit à la confidentialité,
  • Droit à la non discrimination sous toute ses formes,
  • Droit à l’information,
  • Droit au conseil avant et après le dépistage.

Contexte et impact du VIH/SIDA

Le SIDA appelé HIV, connu du public en 1981 est du à un virus (virus immuno déficitaire humain ) découvert en 1983. Son nom indique ce qui se passe dans le corps. Le système de défense immunitaire diminue laissant la voie libre à toute sorte d’infection par des micro organismes que le corps rejette habituellement.

Le SIDA contamine différents groupes, divers pays mais en Amérique du Nord, Europe, Australie il s’agit surtout d’hommes homosexuels, bisexuels, usagers de drogues par injection, d’hémophiles, tandis que dans certains pays d’Afrique, le nombre d’hommes et de femmes hétérosexuels contaminés est équivalent. Le nombre de femmes et d’enfants contaminés s’accroît. Dans tous les pays on observe la contamination par transfusion sanguine mais depuis 1985 dans certains pays, les tests de sang ont considérablement réduit le risque de contamination.

Par ailleurs, la mobilité des populations dans le monde, le tourisme, les voyages d’affaires ou professionnels comme le nombre croissant de travailleurs implantés ou itinérants, entre autres, ont une influence sur la contamination des partenaires lors du retour au pays.

La vulnérabilité à la séropositivité a pour origine un comportement individuel à risque et non l’appartenance à des groupes dits à risques.

Le fait que le virus se transmette par voie sexuelle demande de la part de chacun un changement de son comportement sexuel. L’extension du SIDA/VIH influence et modifie les relations humaines à tous les niveaux. Le modèle de diffusion du virus souligne les modes existants d’injustice, d’oppression et de discrimination. Dans certaines parties de l’Afrique les conséquences socio-économiques et humaines sont catastrophiques.

Partout le SIDA/VIH a un impact social, économique, légal, éthique, politique, personnel, culturel et sanitaire. Le coût économique à lui seul en terme de capacité productive et de contribution à la société est énorme chez les groupes les plus contaminés (15 à 50 ans).

Il faut mettre l’accent sur l’impact du VIH/SIDA sur les femmes en tant que travailleuses dans le domaine sanitaire, éducatrices, aides, mères et partenaires. Certains pays ou nations ne peuvent plus procurer l’aide sanitaire et sociale aux personnes contaminées faute de possibilités financières face à un coût de plus en plus élevé.

D’autres pays apportent une réponse politique et spirituelle volontairement réduite pour des conflits de valeurs et de croyances. Le coût personnel de souffrance humaine vécu par les sidéens et leur entourage proche ne peut se mesurer en termes monétaires.

Le SIDA VIH est donc d’abord un problème mondial qui réclame une collaboration mondiale dans la prévention et la mise en place de moyens économiques et sociaux à un large niveau.

Stratégies de la FITS et des Associations membres

La tache essentielle s’appuie sur la nécessité de prévenir, de ralentir l’extension du SIDA et de contrer les effets nocifs de l’épidémie sur la structure sociale et la population. La FITS et ses membres ont un rôle majeur dans cet effort. Le service social s’exerce dans un contexte sociétal, géographique, spirituel et politique dans toutes les régions du monde. Les principes sur lesquels s ’appuient l’OMS et les épidémiologistes pour prévenir et éradiquer la maladie dans le monde rejoignent les valeurs traditionnelles du travail social.

Pour ce faire, la FITS et ses membres se proposent:
  • de participer aux programmes de prévention du SIDA dans toutes les régions et auprès des groupes non contaminés.
  • de s’opposer à l’usage de la force dans le combat contre l’extension du SIDA.
  • de donner la priorité à la mise en œuvre mondiale de politiques compréhensives d’autodétermination des personnes contaminées.
  • d’œuvrer pour une répartition plus juste et équitable des financements, des services et des structures d’aide à l’échelle mondiale.
  • de développer et d’améliorer les règles éthiques et professionnelles des membres impliqués dans cette action.
  • de favoriser un échange d’information systématiques sur tous les aspects relatifs à la pratique et la formation en service social et aux groupes d’usagers.
  • de s’assurer que les Travailleurs Sociaux, les institutions et leurs services ont la qualification nécessaire et de soutenir le maintien d’un niveau de prestation élevé auprès des sidéens.
  • de s’impliquer dans la recherche, la collecte des données et la diffusion de l’information.

Stratégies pour les Travailleurs Sociaux

1. Oeuvrer pour la prévention du SIDA , mettre en place des programmes d’information à l’attention de toute la communauté.
S’il n’y a pas de soin, de tels programmes sont essentiels.
S’il y a un manque de moyens en travail social, former et donner la possibilité aux autres de fournir un service adapté.

2. Combattre les craintes, les attitudes et les préjugés face au SIDA tant chez les Travailleurs Sociaux qu’auprès du public dans son ensemble.
Inciter à la réflexion en matière de préférence sexuelle, comprendre et accepter la variété des pratiques et des activités sexuelles des personnes par une information adéquate.
Echanger avec toute personne, travailleur social ou sanitaire ou autre susceptibles d’avoir une expérience dans ce domaine.
Connaître les règles de suivi d’infection SIDA des centres spécialisés dans chaque pays et de l’OMS.

3. Veiller à un service d’aide personnalisée aux sidéens, à leurs familles, à leurs partenaires et autres qui respecte la confidentialité ce qui inclut:
  • un conseil personnalisé avant le test de dépistage qui passe par l’information et l’accord des personnes.
  • une information personnalisée à la suite de test négatif ou positif, destinée à se protéger en fonction de son comportement et de ses activités sexuelles par des moyens efficaces.
Dans l’éventualité d’un test positif, veiller aux réactions postérieures qui peuvent être: manque de compréhension ou incompréhension totale, interprétations culturelles, chocs, déni, chagrin, peur ou désespoir de la personne.
  • Conseiller les familles, les partenaires, les amis.
  • Conseiller et informer les employeurs et traiter les problèmes d’emploi.
  • Intervenir dans les écoles et les institutions éducatives, les prestations de services de santé et de tout autre organisme approprié.
  • Etre très sensibilisé sur la contamination possible mère - enfant en cas de grossesse ou devant une personne enceinte.

Note :Le conseil en matière de SIDA a deux objectifs principaux:
1) Prévenir l’extension de la contamination en incitant les personnes à modifier une conduite qui présente un risque de contamination pour elles-mêmes et pour les autres. Inciter les personnes contaminées à changer leur comportement et leur pratique qui présentent un danger pour les autres afin d’éviter la transmission du virus.

2) Aide à apporter

2.1 Aider les personnes contaminées et leurs proches à surmonter les conséquences économiques, sociales et affectives de la maladie et à mener une vie satisfaisante et productive.`

2.2 Apporter assistance pratique et défense aux sidéens ce qui requiert la connaissance de leurs besoins, l’information sur les moyens d’aide et de traitement de la personne et le contrôle de la contamination.
Au dernier stade de la maladie procurer les soins palliatifs.

2.3 Faire pression en faveur du respect des droits des personnes atteintes par le SIDA/VIH et de la garantie des besoins des minorités et des groupes stigmatisés au sein de la communauté, mobiliser les malades dans leur combat pour leurs droits et une aide mutuelle, mener des actions spécifiques dans ce sens si besoin est.
Travailler avec les responsables des plans et politiques afin qu’ils prennent en considération les problèmes sociaux que pose le SIDA et délivre une prestation de service équitable.
Donner la priorité au traitement des personnes contaminées, de leurs partenaires et de leurs enfants à tous les stades de la maladie.

2.4 Mobiliser les organisations existantes et apporter les moyens là où il n’y en a pas.

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page last updated on 20.10.2005